The Deep Conspiracy, Athens, Greece

Κυριακή 22 Ιανουαρίου 2012

Here I Love You



Here I love you.
In the dark pines the wind disentangles itself.
The moon glows like phosphorous on the vagrant waters.
Days, all one kind, go chasing each other.

The snow unfurls in dancing figures.
A silver gull slips down from the west.
Sometimes a sail. High, high stars.
Oh the black cross of a ship.
Alone.


Sometimes I get up early and even my soul is wet.
Far away the sea sounds and resounds.
This is a port.

Here I love you.
Here I love you and the horizon hides you in vain.
I love you still among these cold things.
Sometimes my kisses go on those heavy vessels
that cross the sea towards no arrival.
I see myself forgotten like those old anchors.

The piers sadden when the afternoon moors there.
My life grows tired, hungry to no purpose.
I love what I do not have. You are so far.
My loathing wrestles with the slow twilights.
But night comes and starts to sing to me.

The moon turns its clockwork dream.
The biggest stars look at me with your eyes.
And as I love you, the pines in the wind
want to sing your name with their leaves of wire

Τρίτη 30 Αυγούστου 2011

VINGT POEMES D'AMOUR / une chanson dιsespιrιe




I

Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches,
l'attitude du don te rend pareil au monde.
Mon corps de laboureur sauvage, de son soc
a fait jaillir le fils du profond de la terre.

je fus comme un tunnel. Dιsertι des oiseaux,
la nuit m'envahissait de toute sa puissance.
pour survivre j'ai dϋ te forger comme une arme
et tu es la flθche ΰ mon arc, tu es la pierre dans ma fronde.

Mais passe l'heure de la vengeance, et je t'aime.
Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme.
Ah! le vase des seins! Ah! les yeux de l'absence!
ah! roses du pubis! ah! ta voix lente et triste!

Corps de femme, je persisterai dans ta grβce.
Τ soif, dιsir illimitι, chemin sans but!
Courants obscurs oω coule une soif ιternelle
et la fatigue y coule, et l'infinie douleur.


II

La lumiθre t'enrobe en sa flamme mortelle.
Et pensive, pβle et dolente, tu t'appuies
contre le crιpuscule et ses vieilles hιlices
tournant autour de toi.

Muette, mon amie,
ΰ cette heure des morts seule en la solitude,
emplie du feu vivant,
du jour dιtruit pure hιritiθre.

Sur le noir de ta robe une grappe du jour,
et de la nuit les immenses racines
ont poussι d'un seul coup ΰ partir de ton βme,
ce qui se cache en toi s'en retourne au dehors.
Un peuple pβle et bleu ainsi s'en alimente
et c'est de toi qu'il vient de naξtre.

Τ grandiose et fιconde et magnιtique esclave
de ce cercle alternant le noir et le dorι
dressιe, tente et parfais ta vive crιation
jusqu'ΰ la mort des fleurs. Qu'en elle tout soit triste.


III

Immensitι des pins, rumeur brisιe des vagues,
contre le crιpuscule et ses vieilles hιlices
crιpuscule tombant sur tes yeux de poupιe,
coquillage terrestre, en toi la terre chante!

En toi chantent les fleuves et sur eux fuit mon βme
comme tu le dιsires et vers oω tu le veux.
Trace-moi le chemin sur ton arc d'espιrance
que je lβche en dιlire une volιe de flθches.

Je vois autour de moi ta ceinture de brume,
mes heures poursuivies traquιes par ton silence,
c'est en toi, en tes bras de pierre transparente
que mes baisers se sont ancrιs, au nid de mon dιsir humide.

Ah! ta voix de mystθre que teinte et plie l'amour
au soir retentissant et qui tombe en mourant!
Ainsi ΰ l'heure sombre ai-je vu dans les champs
se plier les ιpis sous la bouche du vent.


IV

C'est le matin plein de tempκte
au coeur de l'ιtι.

Mouchoirs blancs de l'adieu, les nuages voltigent,
et le vent les secoue de ses mains voyageuses.

Innombrable, le coeur du vent
bat sur notre amoureux silence.

Orchestral et divin, bourdonnant dans les arbres,
comme une langue emplie de guerres et de chants.

Vent, rapide voleur qui enlθve les feuilles,
et dιviant la flθche battante des oiseaux,

les renverse dans une vague s'ans ιcume,
substance devenue sans poids, feux qui s'inclinent.

Volume de baisers englouti et brisι
que le vent de l'ιtι vient combattre ΰ la porte.


V

Pour que tu m'entendes
mes mots
parfois s'amenuisent
comme la trace des mouettes sur la plage.

Collier, grelot ivre
pour le raisin de tes mains douces.

Mes mots je les regarde et je les vois lointains.
Ils sont ΰ toi bien plus qu'ΰ moi.
Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre.

Ils grimpent sur les murs humides.
Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable.

Ils sont en train de fuir de mon repaire obscur.
Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli.

C'est eux qui ont peuplι le vide oω tu t'installes,
ma tristesse est ΰ eux plus qu'ΰ toi familiθre.

Ils diront donc ici ce que je veux te dire,
et entends-les comme je veux que tu m'entendes.

Habituel, un vent angoissι les traξne encore
et parfois l'ouragan des songes les renverse.
Tu entends d'autres voix dans ma voix de douleur.
Pleurs de lθvres anciennes, sang de vieilles suppliques.
Ma compagne, aime-moi. Demeure lΰ. Suis-moi.
Ma compagne, suis-moi, sur la vague d'angoisse.

Pourtant mes mots prennent couleur de ton amour.
Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli.

Je fais de tous ces mots un collier infini
pour ta main blanche et douce ainsi que les raisins


VI

Je me souviens de toi telle que tu ιtais en ce dernier automne :
un simple bιret gris avec le coeur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crιpuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton βme.

Enroulιe ΰ mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Un bϋcher de stupeur oω ma soif se consume.
Douce jacinthe bleue qui se tord sur mon βme.

je sens tes yeux qui vont et l'automne est distant :
bιret gris, cris d'oiseau, coeur oω l'on est chez soi
et vers eux ιmigraient mes dιsirs si profonds
et mes baisers tombaient joyeux comme des braises.

Le ciel vu d'un bateau. Les champs vus des collines :
lumiθre, ιtang de paix, fumιe, ton souvenir.
Au-delΰ de tes yeux brϋlaient les crιpuscules.
Sur ton βme tournaient les feuilles de l'automne.


VII

Inclinι sur les soirs je jette un filet triste
sur tes yeux d'ocιan.

Lΰ, brϋle ιcartelιe sur le plus haut bϋcher,
ma solitude aux bras battants comme un noyι.

Tes yeux absents, j'y fais des marques rouges
et ils ondoient comme la mer au pied d'un phare.

Ma femelle distante, agrippιe aux tιnθbres,
de ton regard surgit la cτte de l'effroi.

Inclinι sur les soirs je jette un filet triste
sur la mer qui secoue tes grands yeux d'ocιan.

Les oiseaux de la nuit picorent les ιtoiles
qui scintillent comme mon βme quand je t'aime.

Et la nuit galopant sur sa sombre jument
ιparpille au hasard l'ιpi bleu sur les champs.


VIII

Abeille blanche, ivre de miel, toi qui bourdonnes dans mon βme,
tu te tords en lentes spirales de fumιe.

je suis le dιsespιrι, la parole sans ιcho,
celui qui a tout eu, et qui a tout perdu.

Derniθre amarre, en toi craque mon anxiιtι derniθre.
En mon dιsert tu es la rose ultime.

Ah ! silencieuse !

Ferme tes yeux profonds. La nuit y prend son vol.
Ah! dιnude ton corps de craintive statue.

Tu as des yeux profonds oω la nuit bat des ailes.
Et de frais bras de fleur et un giron de rose.

Et tes seins sont pareils ΰ des escargots blancs.
Un papillon de nuit dort posι sur ton ventre.

Ah! silencieuse !

Voici la solitude et tu en es absente.
Il pleut. Le vent de mer chasse d'errantes mouettes.

L'eau marche les pieds nus par les routes mouillιes.
Et la feuille de l'arbre geint, comme un malade.

Abeille blanche, absente, en moi ton bourdon dure.
Tu revis dans le temps, mince et silencieuse.

Ah ! silencieuse !


IX

Ivre de longs baisers, ivre des tιrιbinthes,
je dirige, estival, le voilier des roses,
me penchant vers la mort de ce jour si tιnu,
cimentι dans la frιnιsie ferme de la mer.

Blafard et amarrι ΰ mon eau dιvorante
croisant dans l'aigre odeur du climat dιcouvert,
encore revκtu de gris, de sons amers,
et d'un triste cimier d'ιcume abandonnιe.

Je vais, dur, passionnι, sur mon unique vague,
lunaire, brusque, ardent et froid, solaire,
et je m'endors d'un bloc sur la gorge des blanches
ξles fortunιes, douces comme des hanches fraξches.

Mon habit de baisers tremble en la nuit humide
follement agitι d'ιlectriques dιcharges,
d'hιbraοque faηon divisι par des songes
l'ivresse de la rose en moi s'est dιployιe.

En remontant les eaux, dans les vagues externes,
ton corps jumeau et qui se soumet dans mes bras
comme un poisson sans fin s'est collι ΰ mon βme
rapide et lent dans cette ιnergie sous les cieux.


X

Nous avons encore perdu ce crιpuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

J'ai vu de ma fenκtre
la fκte du couchant sur les coteaux lointains

Parfois, ainsi qu'une mιdaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

Et je me souvenais de toi le coeur serrι
triste de la tristesse ΰ moi que tu connais.

Oω ιtais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononηais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

Le livre a chu qu'on prend toujours au crιpuscule,
ma cape, chien blessι, ΰ mes pieds a roulι.

Tu t'ιloignes toujours et toujours dans le soir
vers oω la nuit se hβte effaηant les statues.


XI

Presque en dehors du ciel, ancre entre deux montagnes,
le croissant de la lune.
Tournante, errante nuit, terrassiθre des yeux,
pour compter les ιtoiles dans la mare, en morceaux.

Elle est la croix de deuil entre mes sourcils, elle fuit.
Forge de mιtaux bleus, nuits de lutte cachιe,
tourne mon coeur, et c'est un volant fou.

Fille venue de loin, apportιe de si loin,
son regard est parfois un ιclair sous le ciel.
Incessante complainte et tempκte tourbillonnant dans sa furie,
au-dessus de mon coeur passe sans t'arrκter.
Dιtruis, disperse, emporte, τ vent des sιpultures, ta racine assoupie.
De l'autre cτtι d'elle arrache les grands arbres.
Mais toi, ιpi, question de fumιe, fille claire.
La fille nιe du vent et des feuilles illuminιes.
Par-delΰ les montagnes nocturnes, lis blanc de l'incendie
ah! je ne peux rien dire ! De toute chose elle ιtait faite.

Couteau de l'anxiιtι qui partagea mon cœur
c'est l'heure de cheminer, sur un chemin sans son sourire.
Tempκte, fossoyeur des cloches, trouble et nouvel essor de la tourmente,
Pourquoi la toucher, pourquoi l'attrister maintenant.

Ah! suivre le chemin qui s'ιloigne de tout,
que ne fermeront pas la mort, l'hiver, l'angoisse
avec leurs yeux ouverts au coeur de la rosιe


XII

ΐ mon coeur suffit ta poitrine,
mes ailes pour ta libertι.
De ma bouche atteindra au ciel
tout ce qui dormait sur ton βme.

En toi l'illusion quotidienne.
Tu viens, rosιe sur les corolles.
Absente et creusant l'horizon
Tu t'enfuis, ιternelle vague.

je l'ai dit : tu chantais au vent
comme les pins et les mβts des navires.
Tu es haute comme eux et comme eux taciturne.
Tu t'attristes soudain, comme fait un voyage.

Accueillante, pareille ΰ un ancien chemin.
Des ιchos et des voix nostalgiques te peuplent.
ΐ mon rιveil parfois ιmigrent et s'en vont
des oiseaux qui s'ιtaient endormis dans ton βme.

XIII

J'ai marquι peu ΰ peu l'atlas blanc de ton corps
avec des croix de flamme.
Ma bouche, une araignιe qui traversait, furtive.
En toi, derriθre toi, craintive et assoiffιe.

Histoires ΰ te raconter sur la berge du crιpuscule
douce et triste poupιe, pour chasser ta tristesse.
Quelque chose, arbre ou cygne, qui est lointain, joyeux.
Et le temps des raisins, mϋr et porteur de fruits.

J'ai vιcu dans un port et de lΰ je t'aimais.
Solitude oω passaient le songe et le silence.
Enfermι, enfermι entre mer et tristesse.
Silencieux, dιlirant, entre deux statues de gondoliers.

Entre les lθvres et la voix, quelque chose s'en va mourant.
Ailι comme l'oiseau, c'est angoisse et oubli.
Tout comme les filets ne retiennent pas l'eau.
Il ne reste, poupιe, que des gouttes qui tremblent.
Pourtant un chant demeure au coeur des mots fugaces.
Un chant, un chant qui monte ΰ mes lθvres avides.
Pouvoir te cιlιbrer partout les mots de joie.
Chanter, brϋler, s'enfuir, comme un clocher aux mains d'un fou.
Que deviens-tu soudain, τ ma triste tendresse ?
J'atteins le plus hardi des sommets, le plus froid,
et mon coeur se referme ainsi la fleur nocturne.


XIV

Ton jouet quotidien c'est la clartι du monde.
Visiteuse subtile, venue sur l'eau et sur la fleur.
Tu passas la blancheur de ce petit visage que je serre
entre mes mains, comme une grappe, chaque jour.

Et depuis mon amour tu es sans ressemblance.
Laisse-moi t'allonger sur des guirlandes jaunes.
Qui a ιcrit ton nom en lettres de fumιe au coeur des ιtoiles du sud ?
Ah! laisse-moi te rappeler celle que tu ιtais alors,
quand tu n'existais pas encore.

Mais un vent soudain hurle et frappe ΰ ma fenκtre.
Le ciel est un filet rempli d'obscurs poissons.
Ici viennent frapper tous les vents, ici, tous.
La pluie se dιshabille.

Les oiseaux passent en fuyant.
Le vent. Le vent.
Je ne peux que lutter contre la force humaine.
Et la tempκte a fait un tas des feuilles sombres
et dιtachι toutes les barques qu'hier soir amarra dans le ciel.

Mais toi tu es ici. Mais toi tu ne fuis pas.
Toi tu me rιpondras jusqu'ΰ l'ultime cri.
Blottis-toi prθs de moi comme si tu craignais.
Mais parfois dans tes yeux passait une ombre ιtrange.

Maintenant, maintenant aussi, mon petit, tu m'apportes des chθvrefeuilles, ils parfument jusqu'ΰ tes seins.
Quand le vent triste court en tuant des papillons
moi je t'aime et ma joie mord ta bouche de prune.

Qu'il t'en aura coϋtι de t'habituer ΰ moi,
ΰ mon βme seule et sauvage, ΰ mon nom qui les fait tous fuir.
Tant de fois, nous baisant les yeux, nous avons vu brϋler l'ιtoile
et se dιtordre sur nos tκtes les ιventails tournants des
crιpuscules.

Mes mots pleuvaient sur toi ainsi que des caresses.
Depuis longtemps j'aimai ton corps de nacre et de soleil.
L'univers est ΰ toi, voilΰ ce que je crois.
Je t'apporterai des montagnes la joie en fleur des copihuιs
avec des noisettes noires, des paniers de baisers sylvestres.

Je veux faire de toi
ce que fait le printemps avec les cerisiers.


XV

Ton silence m'enchante et ce semblant d'absence
quand tu m'entends de loin, sans que ma voix t'atteigne.
On dirait que tes yeux viennent de s'envoler,
on dirait qu'un baiser t'a refermι la bouche.

Comme tout ce qui est est empli de mon βme
tu ιmerges de tout, pleine de l'βme mienne.
Papillon inventι, tu ressembles ΰ mon βme,
tu ressembles aussi au mot mιlancolie.

Ton silence m'enchante et cet air d'κtre loin.
Tu te plains, dirait-on, roucoulant papillon.
Et tu m'entends de loin, sans que ma voix t'atteigne
laisse-moi faire silence dans ton silence.

Laisse-moi te parler aussi par ton silence
simple comme un anneau et clair comme une lampe.
Tu es comme la nuit, constellιe, silencieuse.
Ton silence est d'ιtoile, aussi lointain et simple.

J'aime quand tu te tais car tu es comme absente.
Comme si tu mourrais, distante et douloureuse.
Il ne faut qu'un sourire, et un seul mot suffit
ΰ me rendre joyeux : rien de cela n'ιtait.

XVI

Paraphrase de Rabindranath Tagore.

Tu es au crιpuscule un nuage dans mon ciel,
ta forme, ta couleur sont comme je les veux.
Tu es mienne, tu es mienne, ma femme ΰ la lθvre douce
et mon songe infini s'ιtablit dans ta vie.

La lampe de mon coeur met du rose ΰ tes pieds
et mon vin d'amertume est plus doux sur tes lθvres,
moissonneuse de ma chanson crιpusculaire,
tellement mienne dans mes songes solitaires

Tu es mienne, tu es mienne, et je le crie dans la brise
du soir, et le deuil de ma voix s'en va avec le vent.
Au profond de mes yeux tu chasses, ton butin
stagne comme les eaux de ton regard de nuit.

Tu es prise au filet de ma musique, amour,
aux mailles de mon chant larges comme le ciel.
Sur les bords de tes yeux de deuil mon βme est nιe.
Et le pays du songe avec ces yeux commence.


XVII

En pensant, en prenant des ombres au filet dans la solitude
profonde.
Toi aussi tu es loin, bien plus loin que personne.
Penseur, lβcheur d'oiseaux, images dissipιes
et lampes enterrιes.
Clocher de brumes, comme tu es loin, tout lΰ-haut !
Ιtouffant le gιmir,
taciturne meunier de la farine obscure de l'espoir,
la nuit s'en vient ΰ toi, rampant, loin de la ville.

Ta prιsence a changι et m'est chose ιtrangθre.
Je pense, longuement je parcours cette vie avant toi.
Ma vie avant personne, ma vie, mon βpre vie.
Le cri face ΰ la mer, le cri au coeur des pierres,
en courant libre et fou, dans la buιe de la mer.
Cri et triste furie, solitude marine.
Emballι, violent, ιlancι vers le ciel.

Toi, femme, qu'ιtais-tu alors ? Quelle lame, quelle branche
de cet immense ιventail ? Aussi lointaine qu'ΰ prιsent.
Incendie dans le bois ! Croix bleues de l'incendie.
Brϋle, brϋle et flamboie, pιtille en arbres de lumiθre.
Il s'ιcroule et crιpite. Incendie, incendie.

Blessιe par des copeaux de feu mon βme danse.
Qui appelle? Quel silence peuplι d'ιchos ?
Heure de nostalgie, heure de l'allιgresse, heure de solitude,
heure mienne entre toutes !
Trompe qui passe en chantant dans le vent.
Tant de passion des pleurs qui se noue ΰ mon corps.

Toutes racines secouιes,
toutes les vagues ΰ l'assaut !
Et mon βme roulait, gaie, triste, interminable.

Pensιes et lampes enterrιes dans la profonde solitude.
Qui es-tu toi, qui es-tu ?

XVIII

Ici je t'aime.
Dans les pins obscurs le vent se dιmκle.
La lune resplendit sur les eaux vagabondes.
Des jours ιgaux marchent et se poursuivent.

Le brouillard en dansant qui dιnoue sa ceinture.
Une mouette d'argent du couchant se dιcroche.
Une voile parfois. Haut, trθs haut, les ιtoiles.

Τ la croix noire d'un bateau.
Seul.
Le jour parfois se lθve en moi, et mκme mon βme est humide.
La mer au loin sonne et rιsonne.
Voici un port.
Ici je t'aime.

Ici je t'aime. En vain te cache l'horizon.
Tu restes mon amour parmi ces froides choses.
Parfois mes baisers vont sur ces graves bateaux
qui courent sur la mer au but jamais atteint.
Suis-je oubliι dιjΰ comme ces vieilles ancres.
Abordι par le soir le quai devient plus triste.

Et ma vie est lassιe de sa faim inutile.
J'aime tout ce que je n'ai pas. Et toi comme tu es loin.

Mon ennui se dιbat dans les lents crιpuscules.
Il vient pourtant la nuit qui chantera pour moi.
La lune fait tourner ses rouages de songe.

Avec tes yeux me voient les ιtoiles majeures.
Pliιs ΰ mon amour, les pins dans le vent veulent
chanter ton nom avec leurs aiguilles de fer.

XIX

Fille brune, fille agile, le soleil qui fait les fruits,
qui alourdit les blιs et tourmente les algues,
a fait ton corps joyeux et tes yeux lumineux
et ta bouche qui a le sourire de l'eau.

Noir, anxieux, un soleil s'est enroulι aux fils
de ta criniθre noire, et toi tu ιtires les bras.
Et tu joues avec lui comme avec un ruisseau,
qui laisse dans tes yeux deux sombres eaux dormantes.

Fille brune, fille agile, rien ne me rapproche de toi.
Tout m'ιloigne de toi, comme du plein midi.
Tu es la dιlirante enfance de l'abeille,
la force de l'ιpi, l'ivresse de la vague.

Mon coeur sombre pourtant te cherche,
J'aime ton corps joyeux et ta voix libre et mince.
Τ mon papillon brun, doux et dιfinitif,
tu es blιs et soleil eau et coquelicot.

XX

Je peux ιcrire les vers les plus tristes cette nuit.

Ιcrire, par exemple : " La nuit est ιtoilιe
et les astres d'azur tremblent dans le lointain. "

Le vent de la nuit tourne dans le ciel et chante.

Je puis ιcrire les vers les plus tristes cette nuit.
Je l'aimais, et parfois elle aussi elle m'aima.

Les nuits comme cette nuit, je l'avais entre mes bras.
Je l'embrassai tant de fois sous le ciel, ciel infini.

Elle m'aima, et parfois moi aussi je l'ai aimιe.
Comment n'aimerait-on pas ses grands yeux, ses grands yeux fixes.

Je peux ιcrire les vers les plus tristes cette nuit.
Penser que je ne l'ai pas. Regretter l'avoir perdue.

Entendre la nuit immense, et plus immense sans elle.
Et le vers tombe dans l'βme comme la rosιe dans l'herbe.

Qu'importe que mon amour n'ait pas pu la retenir.
La nuit est pleine d'ιtoiles, elle n'est pas avec moi.

Voilΰ tout. Au loin on chante. C'est au loin.
Et mon βme est mιcontente parce que je l'ai perdue.

Comme pour la rapprocher, c'est mon regard qui la cherche.
Et mon coeur aussi la cherche, elle n'est pas avec moi.

Et c'est bien la mκme nuit qui blanchit les mκmes arbres.
Mais nous autres, ceux d'alors, nous ne sommes plus les mκmes.

je ne l'aime plus, c'est vrai. Pourtant, combien je l'aimais.
Ma voix appelait le vent pour aller ΰ son oreille.

ΐ un autre. A un autre elle sera. Ainsi qu'avant mes baisers.
Avec sa voix, son corps clair. Avec ses yeux infinis.

je ne l'aime plus, c'est vrai, pourtant, peut-κtre je l'aime.
Il est si bref l'amour et l'oubli est si long.

C'ιtait en des nuits pareilles, je l'avais entre mes bras
et mon βme est mιcontente parce que je l'ai perdue.

Mκme si cette douleur est la derniθre par elle
et mκme si ce poθme est les derniers vers pour elle.

UNE CHANSON DΙSESPΙRΙE

Ton souvenir surgit de la nuit oω je suis.
La riviθre ΰ la mer noue sa plainte obstinιe.

Abandonnι comme les quais dans le matin.
C'est l'heure de partir, τ toi l'abandonnι !

Des corolles tombant, pluie oi e sur mon coeur.
Τ sentine de dιcombres, grotte fιroce au naufragι !

En toi se sont accumulιs avec les guerres les envols.
Les oiseaux de mon chant de toi prirent essor.

Tu as tout englouti, comme fait le lointain.
Comme la mer, comme le temps. Et tout en toi fut un naufrage !

De l'assaut, du baiser c'ιtait l'heure joyeuse.
lueur de la stupeur qui brϋlait comme un phare.

Anxiιtι de pilote et furie de plongeur aveugle,
trouble ivresse d'amour, tout en toi fut naufrage !

Mon βme ailιe, blessιe, dans l'enfance de brume.
Explorateur perdu, tout en toi fut naufrage !

Tu enlaηas la douleur, tu t'accrochas au dιsir.
La tristesse te renversa et tout en toi fut un naufrage !

Mais j'ai fait reculer la muraille de l'ombre,
j'ai marchι au-delΰ du dιsir et de l'acte.

Τ ma chair, chair de la femme aimιe, de la femme perdue,
je t'ιvoque et je fais de toi un chant ΰ l'heure humide.

Tu reηus l'infinie tendresse comme un vase,
et l'oubli infini te brisa comme un vase.

Dans la noire, la noire solitude des ξles,
c'est lΰ, femme d'amour, que tes bras m'accueillirent.

C'ιtait la soif, la faim, et toi tu fus le fruit.
C'ιtait le deuil, les ruines et tu fus le miracle.

Femme, femme, comment as-tu pu m'enfermer
dans la croix de tes bras, la terre de ton βme.

Mon dιsir de toi fut le plus terrible et le plus court,
le plus dιsordonnι, ivre, tendu, avide.

Cimetiθre de baisers, dans tes tombes survit le feu,
et becquetιe d'oiseaux la grappe brϋle encore.

Τ la bouche mordue, τ les membres baisιs,
τ les dents affamιes, τ les corps enlacιs.

Furieux accouplement de l'espoir et l'effort
qui nous noua tous deux et nous dιsespιra.

La tendresse, son eau, sa farine lιgθre.
Et le mot commencι ΰ peine sur les lθvres.

Ce fut lΰ le destin oω allait mon dιsir,
oω mon dιsir tomba, tout en toi fut naufrage!

Τ sentine de dιcombres, tout est retombι sur toi,
toute la douleur tu l'as dite et toute la douleur t'ιtouffe.

De tombe en tombe encore tu brϋlas et chantas.
Debout comme un marin ΰ la proue d'un navire.

Et tu as fleuri dans des chants, tu t'es brisι dans des courants.
Τ sentine de dιcombres, puits ouvert de l'amertume.

Plongeur aveugle et pβle, infortunι frondeur,
explorateur perdu, tout en toi fut naufrage !

C'est l'heure de partir, c'est l'heure dure et froide
que la nuit toujours fixe ΰ la suite des heures.

La mer fait aux rochers sa ceinture de bruit.
Froide l'ιtoile monte et noir l'oiseau ιmigre.

Abandonnι comme les quais dans le matin.
Et seule dans mes mains se tord l'ombre tremblante.

Oui, bien plus loin que tout. Combien plus loin que tout.

C'est l'heure de partir. Τ toi l'abandonnι.

Κυριακή 21 Μαρτίου 2010

ΕΙΚΟΣΙ ΠΟΙΗΜΑΤΑ ΑΓΑΠΗΣ - Mετάφραση:Γιώργος Κεντρωτής

(1)
Γυναικείο σώμα, λόφοι λευκοί, πόδια κατάλευκα, μοιάζεις του κόσμου όπως μου δίνεσαι έτσι. Σο αργασμένο κορμί μου άγρια σε σκάβει και σου αναδύει τον υιό και λόγο από της γαίας τα έγκατα. Ήμουνα μόνος κι έρημος, σαν το τούνελ καληώρα. Με βλέπαν τα πουλιά και φεύγανε, και μέσα μου όρμαγε η νύχτα πανίσχυρη και καταλυτική. Για να μείνω εγώ ζωντανός, έφτιαξα εσένανε όπλο, σ' έβαλα βέλος στο τόξο μου, στη σφεντόνα μου πέτρα. Επέστη όμως της πληρωμής ο καιρός, κι εγώ σ' αγαπάω. Σώμα από χνούδι κι από μούσκλια κι από άπληστο γάλα και κραταιό. Ω, τ' αγγεία του στήθους! Ω!, τα μάτια της απουσίας! Ω, του εφηβαίου τα ρόδα! Ω, η συρτή και θλιμμένη φωνή σου! Σώμα της δικιά μου γυναίκας, υπήκοος θα 'μαι πιστός των θέλγητρών σου. Δίψα μου, πόθε μου ατελεύτητε, αβέβαιε δρόμε μου! Σκούρες νεροσυρμές, όπου η δίψα αιώνια ακολουθεί, και ο κάματος ακολουθεί, και ο καημός ο απέραντος.
(2)
Στη στερνή αναλαμπή του το φως σε τυλίγει. Χωνεμένη σε άλγη πελιδνά στέκεσαι αντίκρυ εδώ στους γέρικους έλικες της αμφιλύκης που σ' εξωθούν με βία σ' ατέρμονες στροβιλισμούς. Άλαλη, αμίλητη, εσύ φίλη καλή μου, μονάχη στη μοναξιά αυτής της ώρας των θανάτων και κατάμεστη από τις ζωές του πυρός, απ' ευθείας κληρονόμε άπεφθη της αφανιζόμενης μέρας. Από τ' αμπέλια του ήλιου πέφτει μια ρώγα στο σκούρο φουστάνι σου. Σης νύχτας οι πελώριες ρίζες θρασεύουν απότομα και βγαίνουν από την ψυχή σου, κι έτσι επιστρέφεις στον έξω κόσμο ότι είχες μέσα σου κρυμμένο, κι έρχονται σμάρια εκεί, σμάρια γαλαζωπά, που εσύ εγέννησες κι εσύ τα τρέφεις. Παμμέγιστη, ω, εριγόνιμη εσύ σκλάβα σαγηνευτική των ηλιοδρόμων με τις μελανωσιές και τα χρυσάφια τους: στητή εκεί, ολόρθη, πολεμάς και φκιάνεις ένα πλάσμα ολοζώντανο όπου θα μαραθούνε τ' άνθη του, κι εσύ θα μείνεις εκεί βουτηγμένη μετά μέσα στο πένθος.
(3)
Ω πευκώνα μου, εσύ, απέραντε, φλοίσβε των παρόχθιων κυμάτων, σιγανό πηγαινέλα των φώτων, της εκκλησιάς καμπάνα κατάμονη, στάλα εσπερινή που ραντίζεις τα δικά σου τα μάτια, παναγιά μου, κουκλί μου πεντάμορφο, της στεριάς αχιβάδα, μάσα σου εσένα τραγουδάει το χώμα! Μέσα σου τραγουδάν τα ποτάμια, και η ψυχή μου πλέει μαζί τους και πάει όπου εσύ θέλεις και όπου εσύ αγαπάς. Χάραξε μου ένα δρόμο στο τόξο εδώ των προσδοκιών σου, κι εγώ, μέσα σε παραλήρημα, εξαπολύω των βελών μου τα σμήνη. Κι εγώ βλέπω εδώ τώρα γύρω μου να με σφίγγει της ομίχλης σου η ζώνη και η σιωπή σου να πνίγει τις αλαφιασμένες μου ώρες, σε ξέρω, είσαι εσύ, με τα πέτρινα χέρια σου, διάφανη εκεί όπου δένουν οι φελούκες των φιλιών μου κι όπου φωλιάζουν οι κάθυγροι πόθοι μου. Ω εκείνη η μυστηριακή φωνή σου όπου την αβγαταίνει και τη λυγάει στα δυο η αγάπη, καθώς αντιλαλεί το σούρουπο και σβήνει πέρα! Έτσι σε μύχιες ώρες έχω ιδεί κι εγώ στον κάμπο τα στάχυα να λυγάνε απ' το στόμα του ανέμου.
(4)
Είναι θύελλες ζαλωμένο το πρωινό μες στο κατακαλόκαιρο. Σαν άσπρα μαντηλάκια αποχαιρετισμών σαλπάρουν τα σύννεφα, και, εκεί, τ' αρπάζει ο άνεμος και τα σηκώνει με τα χέρια του τα ταξιδιάρικα. Αρίφνητη η καρδιά του ανέμου που χτυπάει μες στην ερωτοδέσμια σιωπή μας. Που κοχλάζει ανάμεσα στα δέντρα, πολυφωνικός και υπερκόσμιος, γλώσσα κατάφορτη από παιάνες, λες, και θούρια. Ο άνεμος που λαφυραγωγεί τα φυλλώματα και βγάνει από τη ρότα τους τα σεινάμενα βέλη των πουλιών. Ο άνεμος που σε σφεντονίζει εσένα σε πελάγη ακύμαντα, σε γαίες πανάλαφρες, σε φλόγες γονυκλινείς. Σπάνε και χύνονται ένα καντάρι φιλιά συντριμμένα πάνω στις πύλες του καλοκαιριάτικου ανέμου.
(5)
Για ν' ακούς μόνο εμένα τρυφερεύουν ώρες ώρες τα λόγια μου και γίνονται σαν τις πατημασιές των γλάρων στην άμμο του γιαλού. Καδενίτσα, έτσι, μικρή ξεκούρντιστη λατέρνα, στα σαν τρούφες τρυφερά σου χέρια. Κι έτσι τα λόγια μου τα βλέπω παρασάγγες πέρα. Μα απείρως πιο μακριά είν' τα δικά σου. Κι αναρριχούνται σαν τον κισσό απάνω στον παλιό μου πόνο. Σκαρφαλώνουν εδώ, πάνω στους μουσκεμένους τοίχους. Και εσύ είσαι η αιτία - να ξέρεις - της σκληρής και μέχρις αιμάτων αναμέτρησης. Δραπετεύουν από τα κατασκότεινα, απ' τα μέσα μου μπουντρούμια. Γιομίζει ο τόπος με σένα, πληρούνται τα σύμπαντα. Πριν έρθεις η ίδια, πυκνοκατοικούσαν εκείνα τη μοναξιά μου, κι είν' πιο δικά μου αυτά, απ' ότι εμένα εσύ, εδώ στην πίκρα μου. Κι αυτό που θέλω τώρα να σου λεν εκείνα είν' εκείνο που θέλω να σου ειπώ εγώ για να τ' ακούς κι εκείνα όπως θέλω ν' ακούς μονάχα εμένα. Ο φόβος τ' αρπάζει και τα σκορπά στους πέντε ανέμους. Κι έρχοντ' έπειτα τυφώνες και λαίλαπες ονείρων και μου τα ξανασωριάζουν κάτω εδώ στο χώμα. Φωνές αλλότριες ξανοίγεις εσύ μες στη χιλιοβασανισμένη φωνή τη δική μου. Ολοφυρμούς από παμπάλαια στόματα, αίμα από αρχαία μαρτύρια. Να μ' αγαπάς, συντρόφισσα. Να μη μ' αφήνεις μόνο. Να 'σαι μαζί μου. Να 'σαι μαζί μου, συντρόφισσα, σε τούτο 'δω το κύμα του τρόμου. Και να! που τα λόγια μου έρχεται τώρα και τα βάφει η αγάπη σου. Κι είναι δικά σου όλα, όλα δικά σου. Κι απ' όλα εγώ θέλω να φτιάξω μια καδενίτσα δίχως τέλος για τ' άσπρα σου χέρια, τα σαν τρούφες παντρύφερα.
(6)
Θυμάμαι τώρα εδώ πως ήσουν το φθινόπωρο που μας πέρασε. Ήσουν το γκρίζο μπερεδάκι και η καρδιά η δίχως έννοια. Ξιφομαχούσανε στα μάτια σου οι φλόγες του δειλινού και πέφτανε τα φύλλα στα νερά της ψυχής σου. Συλιγμένη εσύ σαν αναρριχητικό γύρω απ' τα μπράτσα μου, και τα φυλλώματα έτσι βάζανε σουρντίνα στη φωνή σου την αργή και ανέμελη. Σαστίσματα σωρό, πλήθος ξαφνιάσματα, όπου πυρακτωνόταν η δίψα μου. Γαλάζιε, γλυκιέ μου υάκινθε, γερμένε απάνω απ' την ψυχή μου! Βλέπω τα μάτια σου που ταξιδεύουνε, το φθινόπωρο πλέον είναι μακριά: μπερεδάκι μου γκρίζο, κελάηδημά μου, καρδιά μου πυροστιά εσύ, όπου, πετώντας, απαγκιάζανε οι μυστικές μου σκέψεις και τα πασίχαρα φιλιά μου ορμίζονταν σαν κάρβουνα αναμμένα. Ουρανέ πάνω απ' τ' άρμενο. Όαση μετά απ' τον ερημότοπο. Η θύμησή σου είναι από φως κι από καπνό κι από στάσιμη λιμνούλα στην αλάνα. Πέρα απ' τα μάτια σου πυρακτώνονταν τα λυκόφωτα. Φύλλα ξερά του φθινοπώρου στροβιλίζονταν στην ψυχή σου.
(7)
Σκύβω εκεί κάθε βράδυ και αμολάω τα παραπονεμένα δίχτυα μου στα ωκεάνια μάτια σου. Εκεί απλώνεται και εκεί φουντώνει με φλόγες πανύψηλες η μοναξιά μου, πέρα δώθε στον αέρα υψώνοντας τα χέρια της σαν ναυαγός. Ανάβω κόκκινες φρυκτωρίες πάνω από τα εξόριστα μάτια σου που σαν τα κύματα έρχονται της θάλασσας και σκάνε στην ποδιά του φάρου. Αγναντεύεις μοναχή τα ερέβη, γυναίκα εσύ η αλαργινή και η πλησίον. μες απ' το βλέμμα σου ώρες ώρες αναδύεται ο μακρύς γιαλός του τρόμου. Σκύβω εκεί κάθε βράδυ και μαζεύω τα παραπονεμένα δίχτυα μου από τη θάλασσα εκείνη που κλυδωνίζει τα ωκεάνια μάτια σου. Νυχτερινά πουλιά ραμφίζουνε τα πρώτα αστέρια που λάμπουν εκεί απάνω όπως λάμπει η ψυχή μου την ώρα που σ' αγαπάω. Καλπάζει στη ράχη του μαύρου της κέλητα η νύχτα και τσαλαπατάει τα στάχια τα γαλαζιανά στον κάμπο.
(8)
Μέλισσα μυριόλευκή μου εσύ που ζουζουνίζεις - μεθυσμένη απ' τα μέλια - γύρω στην ψυχή μου και όλο στροβιλίζεσαι με τις νωχελικές μαζί τουλίπες του καπνού. Είμαι ο δίχως ελπίδα εκείνος, είμαι. μια λέξη είμαι χωρίς ήχο, αυτός που όλα τα 'χει χάσει και που όλα τα κατέχει. Κι εσύ είσαι ο στερνός μου κάβος, όπου στενάζει μέσα του ο στερνός μου φόβος. Στην έρημή μου γη είσαι το ρόδο το στερνό. Αχ, σιγαλινή μου εσύ! Έλα! κλείσε τα τρίσβαθά σου μάτια. Πεταρίζει η νύχτα εκεί. Έλα! ξέντυσε το περίτρομο άγαλμα του κορμιού σου. Έχεις τρίσβαθα μάτια και πεταρίζει η νύχτα εκεί. Ολόδροσα έχεις άνθινα χέρια και αγκαλιά από τριαντάφυλλα. Σα στήθη σου μοιάζουν με κατάλευκα όστρακα. Ήρθε στην κοιλιά σου κι αποκοιμήθηκε ο ήσκιος μιας πεταλούδας. Αχ, σιγαλινή μου εσύ! Και να η μοναξιά εδώ, που λείπεις εσύ. Βρέχει. Και ο μπάτης έχει στρώσει στο κυνήγι τους αδέσποτους γλάρους. Σο νερό πλατσουρίζει ξυπόλυτο στις λάσπες του δρόμου. Κι εκεινού εκεί του δέντρου βογκούν σα να 'ν' ανήμπορα, τα φύλλα. Μέλισσα μυριόλευκή μου εσύ και απόμακρη, ζουζουνίζεις ακόμα γύρω στην ψυχή μου. Ζουζουνίζεις. Ξαναγεννιέσαι με των χρόνων τα γυρίσματα, περίκομψη και σιγαλινή. Αχ, σιγαλινή μου εσύ!
(9)
Απ' το ρετσίνι κι από τ' ατέλειωτα φιλιά, είμαι - κατακαλόκαιρο - και κουμαντέρνω τη βαρκούλα των ρόδων και τήνε πάω εκεί όπου το γάρμπος χάνεται της μέρας, και στη φερέγγυα παραφορά των νερών την ασφαλίζω. Πελιδνός και δεσμώτης στα λαίμαργα κύματά μου σκίζω πέρα δώθε τα μπρούσκα χνώτα του αναπεπταμένου στερεώματος, φορώντας ακόμα τη φόρμα μου, ντυμένος πικρούς αντίλαλους, κι έχοντας το κεφάλι τυλιγμένο με κάτι κουρέλια της αφρής. Πάω, στα πάθη μου μέσα στητός, καβάλα στη ράχη του μονάκριβου μου κύματος, φεγγαρίσιος, ηλιοτραφής, πυρίκαυστος και μπουζιασμένος εγώ, κι αποκοιμιέμαι τον νήδυμο στο φαράγγι με τα φιλντισένια νησιά των μακάρων, που είναι γλυκά σα φρέσκα πρωινά καπούλια. Στη νύχτα μέσα την υγρή τρεμουλιάζει το ρούχο μου ραμμένο με τα ρίγη των φιλιών και φορτισμένο ξέφρενα με ηλεκτρικές εκκενώσεις, με ηρωικά δε εξάμετρα διαμερισμένο σε ενύπνια και σε μεθυστικά τριαντάφυλλα που ανοίγουν μέσα μου. Όρτσα στα νερά, όπου με χτυπούνε κύματα θεόψηλα, πλευρικά, κι εγώ βαστώ το παράλληλο σώμα σου στα στιβαρά μου μπράτσα σαν ψαράκι που όλο το πιάνω και το ξαναπιάνω στην απόχη της ψυχής μου (τη μια γοργό την άλλη αργό) σε τούτον κάτω εδώ τον υποσέληνο κόσμο.
(10)
Το χάσαμε κι αυτό το ηλιοβασίλεμα. Κανείς δεν μας είδε εμάς χεράκι, χεράκι το βράδυ εκείνο όπου έπεφτε η γαλάζια η νύχτα και εσκέπαζε τον κόσμο. Απ' το παράθυρο μου είδα μόνος εγώ τη φιέστα του ηλιογέρματος ψηλά στ χάη. Και πότε, πότε σαν πυρακτωμένο κέρμα κράταγα ένα κομματάκι ήλιο στην παλάμη μου. Και σε συλλογιζόμουν με τη καρδιά σφιγμένη από κείνο εκεί το σφίξιμο που ξέρεις πως με κυβερνάει. Λέγε μου, που ήσουνα? Με τι κόσμο? Και τι τους έλεγες? Και γιατί ακαριαία με κυριεύει ακέριος ο έρωτας εμένα μόλις νιώσω μοναχός, με σένανε μακριά μου? Μου 'φυγε το βιβλίο που πάντα ανοίγω το βραδάκι και σα λαβωμένο κουτάβι γλίστρησε κι έπεσε στα πόδια μου το παλτό. Μα όλο φεύγεις εσύ, φεύγεις τα βράδια με το δειλινό παρέα που πιλαλάει και αφανίζει τ' αγάλματα.
(11)
Οιονεί εκτός στερεώματος, ανάμεσα σε δυο βουνά, πάει και ρίχνει άγκυρα το μισοφέγγαρο. Η σβούρα, η γυρίστρω η νύχτα, των ματιών η νεκροθάφτισσα. Μέτρα μόνο πόσα αστέρια έχουνε γίνει θρύψαλα μες στα λασπόνερα! Και μένανε μ' ένα σταυρό με σημαδεύει η νύχτα στο μεσόφρυδο κι ανοίγει τα φτερά της και φεύγει. Κι εκεί έχει φαναρτζίδικο όπου δουλεύουν τα γαλάζια μέταλλα. και νύχτες με παλέματα που αποσιωπούνται και την καρδιά μου που φέρνει βόλτες ολοένα σαν τσέρκι βουρλισμένο. Κι ένα κορίτσι που ήρθε από πολύ μακριά, που το φέρανε από πολύ μακριά, και που κάθε τόσο φωσφορίζει η ματιά του κάτω απ' τον τρούλο του ουρανού. Σο σφύριγμα των αέρηδων, η μπόρα, το κακό, οι άνεμοι Μαίνονται και ξεσπούν στην καρδιά μου ακατάπαυτα. Ο δε άνεμος, που έρχεται από τα μνήματα, αναρπάζει, συντρίβει και διασκορπίζει παντού τη ρίζα σου και τα όνειρά της. Ξεριζώνει τα μεγάλα δέντρα και τα πετάει στην άλλη άκρη. Όμως εσύ στέκεσαι εκεί, κορίτσι μου αίθριο και ασυννέφιαστο, ατμών σιντριβάνι, στάχυ μοναχό. Αλώνι όπου εισέβαλε ο άνεμος και σου 'δινε μετά σχήμα με φυλλώματα αναμμένα. Πίσω απ' τους δυο λόφους της νύχτας, άσπρε φλεγόμενε κρίνε μου, φευ, δεν μπορώ να ειπώ τίποτα! ΢' έχουνε πλάσει με όλα τα στοιχεία του κόσμου! Καταδίκη μου εσύ, που μου σκίζεις με στιλετιές τα στήθη, ήρθε η ώρα να πάρω δρόμο άλλον και να πάω εκεί όπου δεν ανθίζουν τα χαμόγελα σου. Μπόρα μου εσύ δυνατή, που ήρθες και παράχωσες στη γη τις καμπάνες, κούφιε ανεμοστρόβιλε των μαρτυρίων μου, γιατί εγώ να σεκλετίζομαι τώρα, γιατί εγώ να πικραίνομαι;. . . Ε, ήρθε η ώρα να πάρω το δρόμο που σε βγάζει εκεί όπου δεν υπάρχει τίποτα, εκεί όπου δεν είναι πρόσκομμα ούτε ο φόβος, ούτε ο θάνατος, ούτε ο χειμώνας, και να 'χω συνοδεία μου τα μάτια σου τ' ανοιχτά και άγρυπνα μες στης πρωινής δροσιάς τα μονοπάτια.
(12)
Για τη καρδιά μου αρκεί το στήθος σου, για την ελευθερία σου αρκούν τα φτερά μου. Απ' το δικό σου στόμα φτάνουν ως τον ουρανό όσα κοιμούνταν στην ψυχή σου μέσα. Μέσα σου στέκει το ξεγέλασμα της κάθε μέρας Έρχεσαι σαν τη δροσιά πάνω στα στόματα των λουλουδιών. Στέλνει στα καταχθόνια τους ορίζοντες η απουσία σου. Στους αιώνες των αιώνων αλαργεύοντας σαν της θάλασσας τα κύματα. Και είπα τότε πως τραγούδαγες στον άνεμο ωσάν τα πεύκα και ωσάν τα κατάρτια των πλοίων. Σαν πεύκο είσαι εσύ και σαν κατάρτι πανύψηλη και αμίλητη. Και ξαφνικά μελαγχολείς, σαν επιβάτης σε μπάρκο. Φιλόξενη, ανοιχτόκαρδη σα δρόμος παλιός. Σε κατοικούν φωνές και αντίλαλοι της νοσταλγίας. Ξυπνάω εγώ, και τότε, κάπου, κάπου, αποδημούνε τα πουλιά που κοιμούνταν στην ψυχή σου μέσα.
(13)
Με μικρά χι τσεκάριζα πυρπολημένους τόπους στον γαλατένιο άτλαντα του κορμιού σου επάνω. Ήταν αράχνη το στόμα μου που έστηνε τον ιστό της χιαστί. Μέσα σου, επάνω στην πλάτη σου, διψαλέο, περίτρομο. Σου έλεγα παραμύθια και θρύλους στις όχθες του εσπερινού, κουκλί μου λυπημένο και γλυκό, για να σου τήνε πάρω έτσι τη λύπη. Για 'ναν κύκνο, για 'να δέντρο, για κατιτί αλαργινό κι αλέγρο. Για την ώρα των σταφυλιών, για τον καιρό της ώριμης οπώρας. Ζούσα αραγμένος σε λιμάνι ώσπου σ' αγάπησα, και τη μοναξιά μου την τραβέρσωναν τα όνειρα και η σιωπή. Δεσμώτης ήμουν ανάμεσα σε θάλασσα και θλίψη. Βουβός, αλλοπαρμένος, ανάμεσα σε ασάλευτους βαρκάρηδες του πόρτου. Από τα χείλια ως τη φωνή κάτι όλο χάνεται. Κάτι φτεροκοπάει, του τρόμου κάτι και της λησμονιάς. Έτσι, να, σαν δίχτυα που δεν δύνονται να κρατήσουν το νερό, μαμούνι μου εσύ, παρά σταγόνες κάποιες μόνο στους βρόχους τους τρεμουλιαστές. Κι ωστόσο, πάντα κάτι τραγουδάει σ' αυτά εδώ τα έπεα πτερόεντα. Κατιτίς τραγουδάει, κατιτίς αναθρώσκει ως το άπληστο στόμα μου. Να ήτανε λέει να σου ψάλλουνε μεγαλυνάρια μ' όλα τα λόγια της χαράς. Διθυράμβους ν' ακούσεις, να σ' ανάψουνε και να πετάξεις σαν καμπαναριό στα χέρια ενός θεότρελου. Σρυφερή μου εσύ, λυπημένη - τι τρέχει, ξαφνικά? Σι έγινε? Καλά, καλά δεν πρόλαβα στην κορφή του ωραίου όρους ν' ανέβω κι η καρδιά μου έκλεισε σα νυχτολούλουδο.
(14)
Όλο παίζεις, εσύ, κάθε μέρα, εσύ, με το φως του σύμπαντος κόσμου. Επισκέπτρια συλφίδα των νερών και των κήπων. Δεν είσαι δε μόνο εκείνη η χρυσή κεφαλή όπου σαν ανθοδέσμη σφιχτά την κρατάω εγώ μες στα δυο μου τα χέρια. Κανενός αλλουνού δεν μοιάζεις εσύ από τότε που εγώ σε αγάπησα. Άσε να σε ξαπλώσω σ' ένα στρώμα από μάηδες κίτρινους κι αγαπανθούς. Ποιος είν' εκείνος εκεί που γράφει τ' όνομά σου με ψηφία καπνού στ' αστέρια του Νότου? Εγώ είμ' εκείνος εκεί που γράφει τ' όνομά σου με ψηφία καπνού στ' αστέρια το Νότου! Άσε με. . . άσε με να σε αναπολήσω όπως ήσουν προτού ν' ανασπασθείς και βγεις στην ύπαρξη. Κι ευθύς, δες, αλαλάζει ο άνεμος και δέρνει τα κλειστά μου παράθυρα. Ο ουρανός είναι μι' απόχη φίσκα ως απάνου με ψάρια μαύρα, ανήλιαγα. Κι εδώ, εδωνά, κοπάζουν όλοι οι άνεμοι, όλοι τους εδωνά. Και τότε η βροχή εγυμνώθη. Πουλιά πετάνε πετούμενα. Οι άνεμοι. Οι άνεμοι. Μόνος μου εγώ και αναμετριέμαι με των άλλων τη δύναμη. Ο ανεμοστρόβιλος σέρνει μαζί του και μουρλαίνει τα μπακιρένια φύλλα και ξελύνει τ' άραγμένα στ' ουρανού το μώλο. Εσύ είσαι εδώ. Εσύ δε φεύγεις, δεν πετάς. Κι εσύ ως το τέλος θα είσαι και θα μου απαντάς στους βόγγους και τα μουγκρητά μου. Επάνω μου να 'ρθεις να κουλουριαστείς σα να σ' έχουνε σκιάξει. Κάπου κάπου αδέσποτοι ξεπόρτιζαν απ' τα μάτια σου ήσκιοι, ξένοι, παράδοξοι. Και τώρα, τωραδά, εδώ, μανούσια μου φέρνεις και δυοσμαρίνια, μωρό μου, γι' αυτό κι έτσι ευωδιάζουν τα στήθη σου. Σην ώρα όπου ο άνεμος μελαγχολικός καλπάζει σφαγιάζοντας πεταλούδες εγώ σ' αγαπάω, κι η έξαρση μου δαγκώνει βαθιά τα δαμάσκηνα του στόματός σου. Πόσο έχεις στ' αλήθεια πονέσει, ώσπου να 'βρεις τα χούγια μου, ώσπου να βρεις την ψυχή μου τη μονάτη κι ανήμερη και τ' όνομά μου που όλους τους κάνει και τρέμουν . . . Πόσες και πόσες φορές δεν είδαμε το φως του αυγερινού να μας φιλάει τα μάτια και πάνω απ' τα κεφάλια μας το χάραμα κυκλοδίωκτο ν' ανοίγει ωσάν ριπίδιο. Σα λόγια μου σε μούσκεψαν θωπεύοντάς σε. Καιρός πάει πολύς που αγάπησα το ηλιόλουστο σώμα σου, το μαργαριταρένιο. Και πιστεύω έτσι πως εγώ είμαι ο κύριος του σύμπαντος όλου. Θα σου φέρω απ' τα βουνά λουλούδια εξαίσια, κλέλιες, ζουμπούλια και βελανίδια γεράνια, κι ένα κοφίνι φιλιά. Θέλω να κάνω μαζί σου αυτό που κάνει κι η άνοιξη στις κερασιές.
(15)
Μ' αρέσει άμα σωπαίνεις, επειδή στέκεις εκεί σαν απουσία κι ενώ μεν απ' τα πέρατα με ακούς, η φωνή μου εμένα δε σε φτάνει. Μου φαίνεται ακόμα ότι τα μάτια μου σε σκεπάζουν πετώντας κι ότι ένα φιλί, μου φαίνεται, στα χείλη σου τη σφραγίδα του βάνει. Κι όπως τα πράγματα όλα ποτισμένα είναι από την ψυχή μου, έτσι αναδύεσαι κι εσύ μες απ' τα πράγματα, ποτισμένη απ' τη δική μου ψυχή. Σου ονείρου πεταλούδα, της ψυχής μου εσύ της μοιάζεις έτσι, σαν όπως μοιάζεις και στη λέξη μελαγχολία, καθώς ηχεί. Μ' αρέσεις άμα σωπαίνεις, επειδή στέκεις εκεί σαν ξενιτιά. Κι άμα κλαις μου αρέσεις, απ' την κούνια σου πεταλούδα μικρή μου εσύ. Κι ενώ μεν απ' τα πέρατα με ακούς, η φωνή μου εμένα δεν μπορεί να σ' αγγίξει: Άσε με τώρα να βυθιστώ κι εγώ σωπαίνοντας μες στη δική σου σιωπή. Άσε με τώρα να σου μιλήσω κι εγώ με τη σιωπή τη δικιά σου που είναι απέριττη σα δαχτυλίδι αρραβώνων και που λάμπει σαν αστραπή. Είσαι όμοια η νύχτα, αγάπη μου, η νύχτα που κατηφορίζει έναστρη. Απόμακρη και τόση δα κι απ' αστέρια φτιαγμένη είναι η δικιά σου σιωπή. Μ' αρέσεις άμα σωπαίνεις, επειδή στέκεις εκεί σαν απουσία. Μακρινή κι απαρηγόρητη, σα να σε σκέπασε χώμα. Μια λέξη μόνο αν πεις, ένα χαμόγελο - μου αρκεί για να πανηγυρίσω που είσαι εδώ κοντά μου ακόμα.
(16)
Στον βραδιάτικο ουρανό μου επάνω είσαι σαν σύννεφο, το δε χρώμα σου και το σχήμα είναι όπως ακριβώς μου αρέσουν. Είσαι δικιά μου, είσαι δικιά μου, γυναίκα με τα γλυκά χείλια, και στη ζωή σου μέσα ζουν τα ασύνορα όνειρά μου. Ο λύχνος της ψυχής μου σου γλυκοροδίζει τα πόδια, το στυφό μου κρασί γλυκαίνει στα χείλη σου, ω η μακελάρισσα εσύ που πριονίζεις το τραγούδι μου τα βράδια, ω πόσο σε νιώθουνε δικιά μου τα μοναχικά μου όνειρα! Είσαι δικιά μου, είσαι δικιά μου, το φωνάζω στο μπάτη του βραδιού και τ' αεράκι παίρνει μετά τη φωνή μου και τη σκορπάει τριγύρω. Κυνηγέτις εσύ που σαϊτεύεις λαγούς στα βάθη των ματιών μου, των ματιών μου που λιμνάζουν σα βρόχινο νερό μες στο νυχτερινό σου βλέμμα. Σ' έπιασα αιχμάλωτη στα δίχτυα της μουσικής μου, αγάπη μου, και τα δίχτυα αυτά της μουσικής είναι ψηλά, επάνω, στον ουρανό. Γεννιέται η ψυχή μου κι ανασταίνεται στις όχθες των μαύρων ματιών σου τα δε μαύρα μάτια σου είναι φυλάκιο στη μεθόριο της χώρας των ονείρων.
(17)
Να συλλογιέμαι εγώ και ήσκιους να καταπίνω μέσα στην άπατη μοναξιά. Μα εσύ να είσαι μακριά κάπου, κι απ' ότι ζωντανό πιο πέρα ακόμα. Να συλλογιέμαι, να λευτερώνω πουλιά, να εκπορεύω εικόνες, να καταχωνιάζω φανούς και λαμπάδες στα έγκατα. Καμπαναριό μου με τη καταχνιά και τις αντάρες, εκειδά πέρα, εκειδά πέρα, αλάργα! Να φορτώνω εγώ δίφρους με θρηνωδίες, ν' αλέθω εδώ ελπίδες σκυθρωπές, ο αμίλητος εγώ μυλωνάς, και σένα να σε κουκουλώνει η νύχτα, έξω μακριά απ' τη πόλη. Η παρουσία σου είν' απόμακρη, αλλόκοτη για μένα, σαν και τι!. . . Αναλογίζομαι πως ήταν η ζωή μου προτού να 'ρθεις εσύ. Η ζωή μου προ πάσης ελεύσεως, η στυφή η ζωή μου. Σο σκούξιμο εκείνο εκεί καταντικρύ στη θάλασσα, ανάμεσα στα βράχια, να πιλαλάει ελεύθερο, λωλό, ίσα με την ούγια της θάλασσας. Η μάνητα του παράπονου, το σκούξιμο εκείνο εκεί, η μοναξιά της θάλασσας. Να ξεμπουκάρουνε ώσπερ βιαίας πνοής και ν' ανέρχονται στους ουρανούς. Γυναίκα, εσύ, που ήσουν εδώ, σαν τις χάσες και σαν τι καλαμόξυλο να ήσουνα από τούτην εδώ τη πελώρια βεντάλια? Μακριά ήσουνα και τότε όπως και τούτην εδώ την ώρα. Στο δάσος πυρκαγιά! Και καίει με μικρά του σταυρού σχήματα γαλάζια! Καίει και καίει και κατελεί ανάσβολα δέντρα! Σα ρίχνει κάτω και τριζοβολάει ο τόπος! Πυρκαγιά!. . . Πυρκαγιά! . . . Και η ψυχή μου, καψαλισμένη αυλήτριδα, πάνω στις σχίζες και στα πελεκούδια τ' αναμμένα χορεύει! Ποιος σκούζει εδώ? Ποια σιωπή κατοικημένη από φωνές και αντίλαλους? Ώρα της νοσταλγίας, ώρα της ευφροσύνης, ώρα της μοναξιάς, ώρα δικιά μου ανάμεσα σ' όλες τις άλλες ώρες! Αχιβάδα, απ' όπου μέσα κει διαβαίνει τραγουδώντας ο άνεμος! Πάθος μέγα της ελεγείας, όλο λυγμούς, ξεγυμνωμένο στο κορμί μου απάνω! Εσύ να σείεσαι απ' τις ρίζες σου όλες και να χιμάω εγώ απ' τις χαίτες των κυμάτων μου όλων! Σσέρκι πανηγυριώτικο και λυπημένο κι ασταμάτητο η ψυχή μου και κύλαγε. . . Nα συλλογιέμαι τώρα εγώ και να καταχωνιάζω φανούς και λαμπάδες στην άπατη μέσα τη μοναξιά. Ποια είσαι 'συ? Σις ει?
(18)
Εδώ σε αγαπάω.
Στα σκοτεινόχρωμα πεύκα χτενίζει τα μαλλιά του ο άνεμος. Φωσφορίζει η σελήνη πάνω στ' αλήτικα νερά της θάλασσας. Περνάνε μέρες, μέρες απαράλλαχτες, αποπέμποντας η μια την άλλη. Σα τούλια της ομίχλης σκίζονται σε φιγούρες λεπτές ορχουμένων. Ασημόχρυσος γλάρος πετιέται μες απ' το δίσκο του ήλιου που βασιλεύει. Εδώ κι εκεί ένα άλμπουρο. Και πάνω, στα ύψη, αστέρια. Ω εκείνο εκεί το μαύρο σταυρωτό τουρκέτο της βαρκούλας! Κατάμονο. Πετιέμαι κάπου - κάπου από το λήθαργο κι είμαι μούσκεμα ως το μεδούλι. Βουίζει κι αντιβουίζει το πέλαγος. Κι εδώ είν' το λιμάνι. Εδώ σ' αγαπάω. Εδώ σ' αγαπάω εγώ! Δεν πα' να σε κρύβει όσο θέλει ο ορίζοντας - ματαιοπονεί! Εσένα σ' αγαπάω εγώ. επιμένω. ακόμα και μέσα στην ψύχρα των γύρω πραγμάτων. Κάθε τόσο φεύγουν τα φιλιά μου και πάνε μαζί με τα καράβια εκείνα, τα ποντοπόρα, και φτάνουν πέρ' απ' το τέρμα, στα εκείθε. Κάθομαι εδώ παρατημένος σαν τις γέρικες άγκυρες. Μαραζώνουν οι μόλοι βαρύτερα μόλις έρχεται να δέσει εκεί το βράδυ. Χαραμίζεται η ζωή μου μέσα στην πείνα που με τρώει αδίκως. Αγαπώ αυτό που δεν έχω. Είσαι μακριά εσύ, τόσο μακριά. Ο καημός μου πιάνεται στα χέρια με τ' ανελέητα δειλινά. Έρχεται όμως μετά η νύχτα και με καλοπιάνει με τραγούδια. Και το φεγγάρι βάνει το γαϊτανάκι των ονείρων να γυρνάει. Με κοιτάν με τα μάτια σου από πάνω τα πιο μεγάλα αστέρια. Κι εκεί που, αγάπη μου, σε αγαπώ, τα πεύκα μες στον άνεμο λαχταράνε να τραγουδήσουν τ' όνομά σου με τις πευκοβελόνες τους.
(19)
Κορίτσι μου σαρακηνό και σβέλτο, ο ήλιος που δένει τους καρπούς, που σφίγγει το στάρι μες στα στάχια, που ακονίζει τον αθέρα του σίδερου, έπλασε και το έκπαγλο κορμί σου και τα πάμφωτα μάτια σου, έπλασε και το στόμα σου με το νερένιο χαμόγελο. Σκοτεινός, νυχτερινός ο ήλιος νανουρίζεται στους βοστρύχους της αράπικης χαίτης σου, όταν ανοίγεις εσύ την αγκάλη σου. Παίζεις με τον ήλιο σα να είναι ρυάκι που κυλάει κι εκείνος σου αφήνει στα μάτια σου δυο σκούρους νερόλακκους. Κορίτσι μου σαρακηνό και σβέλτο, τίποτα εδώ δεν με οδηγεί κοντά σου. Σα πάντα σου με διώχνουνε μακριά, σαν σε καταμεσήμερο. Είσαι η αλλοπαρμένη νιότη της μέλισσας. η μέθη των κυμάτων, η ρώμη του καρπισμένου σταχιού. Η έρημη καρδιά μου σ' αναζητάει, χωρίς βαρκούλα και πανί. το αγαπάω εγώ το έκπαγλο σώμα σου, τη γλυκιά, την απαλή φωνή σου. Σαρακηνή μου πεταλούδα εσύ, θωπευτική και άτρεπτη σαν τα γεννήματα και σαν τον ήλιο, σαν παπαρούνα και σα νερό.
(20) Απόψε μου πάει να γράψω τα πιο πικρά στιχάκια. Να γράψω, ας πούμε: «έχει μι' αστροφεγγιά απόψε και τα μενεξεδιά αστεράκια λαμπυρίζουνε στα χάη». Σης νύχτας ο άνεμος διαβαίνει στους ουρανούς και τραγουδάει. Απόψε μου πάει να γράψω τα πιο πικρά στιχάκια. Σην αγαπούσα εγώ, και κάπου κάπου μ' αγάπαγε κι εκείνη. Χιλιάδες βράδια, όπως και τώρα, την έσφιγγα στην αγκαλιά μου. Αμέτρητα φιλιά της έδινα κάτω απ' τον άσωτο ουρανό. Μ' αγάπαγε κι εκείνη, και κάπου κάπου την αγάπαγα κι εγώ. Πώς να μην τ' αγαπήσεις τα μεγάλα, τα ήμερα μάτια της. Απόψε μου πάει να γράψω τα πιο πικρά στιχάκια. Θα σκέφτομαι πως δεν την έχω εγώ. Θα νιώθω ότι την έχω χάσει. Θ' ακούω την απέραντη νύχτα, την πέντε φορές απέραντη χωρίς εκείνην. Και τους στίχους να πέφτουν στην ψυχή μου όπως πέφτει η δροσιά στο λιβάδι. Σι έχει να κάνει που η δικιά μου αγάπη εκείνηνε δεν την αγγίζει. . . Έχει μι' αστροφεγγιά απόψε, μα εκείνη δεν είναι μαζί μου. Αυτά λοιπόν. Πέρα, μακριά, άνθρωποι τραγουδάνε. Μακριά, πέρα. Πώς να χαρεί η ψυχή μου, αφού εκείνη χάθηκε. . . Σην αναζητάει η ματιά μου, τη γυρεύει παντού. Σην αναζητάει η καρδιά μου, μα εκείνη δεν είναι μαζί μου. Απαράλλαχτη η νύχτα ασημώνει τ' απαράλλαχτα δέντρα. Μα από τότε όμως εμείς ως τώρα έχουμε αλλάξει. Σώρα πια δεν την αγαπάω, σίγουρα. . . Πόσο όμως, Θε μου, την αγάπαγα τότε. Πολέμαγε η φωνή μου να βρει τη ριπή του ανέμου που θαν της άγγιζε το αφτί. Με άλλον. Με κάποιον άλλον θα είναι. Όπως και πριν τηνε πάρει το φιλί μου. Η φωνή της, τ' αστραφτερό της σώμα. Σ' ατέλειωτα μάτια της. Σώρα πια δεν την αγαπάω, σίγουρα. . . Μπορεί όμως και να την αγαπάω. Βιάζεται ο έρωτας να λείψει κι αργεί να φύγει η λησμονιά. Χιλιάδες βράδια αφού, όπως και τώρα, την έσφιγγα στην αγκαλιά μου - πώς να χαρεί η ψυχή μου, αφού εκείνη χάθηκε. . . Μπορεί να 'ναι αυτός ο τελευταίος καημός που μου ανάβει εκείνη, κι αυτοί εδώ οι τελευταίοι στίχοι που γράφω για κείνην εγώ.
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